auteur : Éric Chevillard
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danger

La planète est en danger et, si l’on ne fait rien, on pourrait même assister au cours des prochaines décennies à ma disparition.

Éric Chevillard, « mardi 11 février 2025 », L’autofictif. 🔗

David Farreny, 7 mars 2025
débarrasser

Le fou secouait la cloche pour la débarrasser de tout ce bruit.

Éric Chevillard, « mardi 14 juin 2016 », L’autofictif. 🔗

David Farreny, 14 juin 2016
décliner

Vaut-il mieux décliner en regardant derrière soi le sommet qui s’éloigne ou devant soi l’abîme qui se creuse ? J’hésite.

Éric Chevillard, « samedi 23 novembre 2024 », L’autofictif. 🔗

David Farreny, 9 déc. 2024
décor

La routine de l’existence s’accommode fort bien d’un décor que la familiarité a fini par gommer complètement. C’est le fond neutre qui lui convient. Mais que survienne un événement dans notre vie et ce paysage d’un coup retrouve ses reliefs et nous semble atrocement étranger, d’une indifférence accablante, mortelle, et révèle enfin ce qu’il est : le cimetière où déjà nous gisons.

Éric Chevillard, « mercredi 23 mars 2022 », L’autofictif. 🔗

David Farreny, 4 mars 2024
degré

Comme tous les sceptiques, je vis au second degré. Mais je n’ai pas encore connu la guerre et la maladie qui devraient me redonner foi en l’existence.

Éric Chevillard, « samedi 22 février 2025 », L’autofictif. 🔗

David Farreny, 7 mars 2025
dernier

Dernier jour avant d’être vieux. Je dois en profiter à fond. Gravir les cinq sommets du monde, dompter un cheval fougueux, apprendre le mandarin, descendre dans la fosse des Mariannes, séduire une belle inconnue. Car dès demain, je ne pourrai plus faire toutes ces choses.

Éric Chevillard, « lundi 17 juin 2024 », L’autofictif. 🔗

David Farreny, 23 juin 2024
descente

Depuis le hublot de l’avion, les choses de ce monde te paraissent minuscules, dérisoires. Puis l’appareil amorce sa descente et tu redeviens peu à peu un gros con mesquin.

Éric Chevillard, « jeudi 7 mai 2015 », L’autofictif. 🔗

David Farreny, 1er juin 2015
désirable

La mort allait le prendre ce soir, il le sentait, et ce malheur suprême relativisait les infortunes et les douleurs de toute une existence misérable de souffrance et de solitude qui lui parut soudain désirable, comme quoi il ne faut jamais désespérer de la vie.

Éric Chevillard, « mardi 21 mai 2024 », L’autofictif. 🔗

David Farreny, 23 juin 2024
deux

Mais il faut deux œufs pour faire un veuf.

Éric Chevillard, « dimanche 8 septembre 2024 », L’autofictif. 🔗

David Farreny, 16 oct. 2024
devant

À l’instant où je mourrai, au terme de quatre-vingt-dix-sept années d’existence, naîtra un virevoltant et allègre éphémère qui aura la journée devant lui.

Éric Chevillard, « mercredi 23 janvier 2019 », L’autofictif. 🔗

David Farreny, 1er mars 2024
devenir

Tiens ? Il y a longtemps que je n’ai pas vu dans le quartier cette très vieille femme incroyablement maigre et boiteuse qui toussait tout le temps. Qu’a-t-elle bien pu devenir ?

Éric Chevillard, « mardi 13 décembre 2016 », L’autofictif. 🔗

David Farreny, 24 fév. 2024
dilatoires

Donc, n’importe où. N’importe où, c’eût été parfait. Dino Egger pouvait naître n’importe où – je me retiens de dresser la liste des lieux qui entrent dans cette catégorie – Aalter, Aarau, Aarschot, Aartselaar, Aba, Abadan, Abakan, Abbeville… –, on me soupçonnerait d’élaborer des stratégies dilatoires pour ne pas reprendre sérieusement mon enquête. Dino Egger pouvait naître n’importe où – Abdère, Abeokuta, Aberdeen, Abidjan, Abitibi, Abkhasie, Ablon-sur-Seine… –, nous n’aurions pas tardé à en être informés partout, aussi bien à Zwickau qu’à Zwijndrecht ou Zwolle.

Éric Chevillard, Dino Egger, Minuit, p. 102.

Cécile Carret, 18 fév. 2011
directions

Nous voulons savoir si notre avènement était inéluctable ou si l’homme s’est relevé en se frottant les reins de tous les tonneaux et roulés-boulés effectués par la créature animale idiote sur la pente de l’évolution, qui s’est reçue ainsi, donc, sur ses deux pieds et la tête en l’air, mais aurait pu aussi bien grandir et pencher dans d’autres directions et se retrouver belette molle ou pou du poulpe sans plus de nécessité.

Éric Chevillard, Le désordre azerty, Minuit, p. 65.

Cécile Carret, 10 fév. 2014
disposé

Confiné dans cette pure attente d’un destin que je ferais mien, j’étais mieux que quiconque disposé à ressentir ce manque qui n’expliquait pas seulement ma faillite personnelle mais celle de toute l’expérience humaine vouée à l’échec ou à la catastrophe. Les autres hommes ne pouvaient l’éprouver si vivement, pris au piège d’une vie bornée, leurs espoirs se limitaient à la réalisation d’objectifs à court terme inscrits dans la logique des menus gestes près du corps dont ils faisaient naïvement dépendre leur bonheur.

Éric Chevillard, Dino Egger, Minuit, p. 122.

Cécile Carret, 18 fév. 2011
écarteler

Encore une morne journée dont on ne saura rien faire que s’écarteler entre la nostalgie et l’ambition.

Éric Chevillard, « mercredi 11 janvier 2023 », L’autofictif. 🔗

David Farreny, 24 fév. 2024

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